TECHNIQUES D'EMAILLAGE

Le Brossage:

" Avant que les plaques n'arrivent dans l'atelier de la brosse, il fallait leur donner une couche d'émail (la couleur désirée suivant maquette). L'application des couleurs se faisait soit par une louche en laissant couler l'émail, soit par le pistolet. Après séchage les plaques étaient prêtes pour la brosse.

Le brossage lui-même se faisait, non seulement avec des pochoirs positifs mais aussi avec des pochoirs négatifs, car à l'Emaillerie on travaillait pour ainsi dire en sens inverse c.à.d. au lieu de donner une couche, on en enlevait une grande partie. En général un pochoir servait pour reproduire un sujet ou texte en couvrant le pochoir par une couche de peinture. Pour les plaques émaillées c'était le contraire. Puisque la couleur voulue était déjà posée par l' émailleur, il fallait, avec l' aide d'un pochoir, enlever le superflu.

Prenons par exemple une plaque au fond noir et texte blanc: Dans ce cas l'émail noir était appliqué sur une couche blanche déjà cuite. Avec le pochoir positif (lettres ajourées) on faisait ressortir à la brosse le texte en blanc.

Autre exemple. Fond blanc texte noir - Pour cela il fallait un pochoir négatif. La pose de l'émail était comme la précédente, mais le pochoir était découpé de telle façon que le texte restait et que contour des lettres était enlevé pour faire ressortir le fond blanc.

Encore une précision. Un pochoir complet était toujours en deux parties ; on ne pouvait pas découper le tout en une seule fois, car il fallait des supports pour maintenir certaines parties. Celles-ci furent alors découpées dans un deuxième pochoir.

Après la brosse suivait la cuisson, et ceci pour chaque teinte. Ce procédé long et pénible, avec cuisson individuelle a été remplacé plus tard par le Stencyl (sérigraphie) qui permettait une pose déjà façonnée et une seule cuisson pour toutes les couleurs."

d'après Arthur Baumgarten




La Sérigraphie:

"Etant obligé de trouver un moyen plus rationnel et plus rentable, car la concurrence était grande et nos plaques imprimées devenaient trop chères, nous avons décider d'essayer avec le procédé sérigraphie, qui à cette époque (vers 1950) n'était pas encore ou mal connu dans les émailleries. Il n'existait pas encore de pâte vitrifiable pour le procédé, et même le matériel pour la confection du pochoir était difficile à trouver. Au départ on pouvait l'importer d'Amérique et aussi d'Allemagne; puis 3 à 4 années plus tard il fut possible de se procurer le tout en France, même le matériel nécessaire pour la fabrication du pochoir photo-mécanique.

Les avantages du procédé Sérigraphie, que nous avons nommé tout simplement "Stencyl", furent énormes: durée de travail pour une plaque nettement réduite, travail propre et net (sans retouches) et une seule cuisson pour toutes les couleurs posées. En plus diminution des charges, plus besoin de lithographes et d'imprimeurs hautement rémunérés; compression de personnel signifiant donc économie assez importante permettant de vendre moins cher.

Un pochoir Stencyl se composait d'une toile nylon ou soie tendue sur un cadre en bois, sur laquelle était fixé un film spécial découpé. Le fixage ou collage de ce film se faisait en posant le cadre tendu sur le film découpé et en passant ensuite avec un chiffon humecté de diluant cellulosique. Le film se collait immédiatement sur la toile. A la fin, il fallait rendre la toile bien étanche autour du cadre afin de ne laisser passer la pâte qu'à travers le dessin ajouré."

d'après Arthur Baumgarten




Les Pochoirs:

" Les pochoirs étaient faits, soit d'après un modèle ou maquette soit d'après un dessin ou texte composé par le dessinateur-pochoiriste lui-même. On utilisait un papier extra pour pochoir qui se découpait assez facilement. Mais pour nos grosses commandes il fallait surtout un pochoir très résistant. C'est pour cela qu'on fabriquait des pochoirs en feuille de zinc. Un pochoir papier ne résistait à la brosse que pour 60 ou au maximum 100 plaques, tandis qu'avec les pochoirs en zinc il n'y avait pratiquement pas d'usure, seules de petites cassures ou fissures qui étaient réparées par une soudure.

Les pochoirs en zinc se faisaient de la manière suivante: On couvrait les 2 faces de zinc avec une couche d'asphalte, puis on se servait du pochoir échantillon (découpé en papier) pour reproduire cette découpe sur la feuille de zinc en traçant tous les contours découpés à l'aide d'une aiguille. On trempait ensuite ces feuilles dans un bain d'acide hydrochlorique, qui attaquait les tracés et faisait tomber les parties non voulues 1 mn après."

d'après Arthur Baumgarten


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